L’Ayurveda, médecine traditionnelle indienne vieille de plusieurs millénaires, ne s’intéresse pas uniquement à la pathologie. Elle s’intéresse avant tout à la personne : à sa constitution, à ses tendances, à ses fragilités et aux moyens de retrouver une harmonie durable. L’une des clés fondamentales de cette approche est le concept de dosha. Et si tu comprends comment ces énergies fonctionnent, tu t’ouvres les portes d’une compréhension plus fine de ton corps, de tes hormones et de ton système nerveux.
Les doshas : des intelligences subtiles qui organisent le vivant
Nous sommes toutes constituées d’une proportion unique de Vata (air + éther), Pitta (feu + eau) et Kapha (eau + terre). Ces trois doshas gouvernent tous les processus physiologiques et psychiques de l’être humain. Lorsque l’un d’eux est trop présent ou affaibli, il en résulte un trouble de l’équilibre, pouvant se traduire par des symptômes hormonaux, digestifs ou nerveux.
Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que les doshas agissent aussi sur notre relation au stress, à la régulation de notre système nerveux, et à notre manière de vivre nos cycles et nos transitions hormonales.
Vata : l’air qui bouge et le système nerveux hyperactif

Vata est le dosha du mouvement, des impulsions, de la créativité, mais aussi de l’irrégularité. Quand Vata est en excès, cela se traduit souvent par : de l’anxiété, des troubles du sommeil, un système nerveux en hypervigilance, une sécheresse physiologique (vaginale, digestive, articulaire), une fatigue nerveuse entrecoupée de pics d’hyperactivité.
C’est fréquent en préménopause, quand le feu digestif s’affaiblit, que la sécurité interne est déstabilisée, et que le mental s’emballe.
La réponse ayurvédique : nourrir Vata par le chaud, l’huileux, le doux, le stable. La réponse yogathérapeutique : restaurer la sécurité parasympathique par des pratiques d’ancrage comme le yin yoga, de respiration douce, de yoga Nidra, et de restauratif.
Pitta : le feu de la transformation et la pression interne

Pitta gère la digestion, la métabolisation, l’inflammation et la clarté d’esprit. Mais lorsqu’il déborde, il enflamme tout : bouffées de chaleur, irritabilité chronique, perfectionnisme agressif, hypercontrôle, inflammations digestives ou cutanées.
C’est le dosha souvent déstabilisé chez les femmes très actives, qui ne s’autorisent pas à ralentir.
La réponse ayurvédique : rafraîchir, hydrater, ralentir, adoucir. La réponse yogathérapeutique : favoriser le relâchement et l’auto-compassion, par la respiration lunaire (Chandra Bhedana), les flexions avant, le yin yoga, les temps d’intériorisation.
Kapha : la lenteur bienveillante… jusqu’à l’inertie

Kapha incarne la structure, la stabilité, l’ancrage. Il est nourrissant, aimant, protecteur. Mais en excès, il devient stagnation : fatigue lourde, prise de poids, mélancolie silencieuse, attachement, difficulté à se mettre en mouvement,digestion lente, congestion, mucus.
Beaucoup de femmes en périménopause passent d’un excès de Vata à un refuge Kapha. C’est leur stratégie inconsciente pour ne pas s’effondrer. Mais cela finit par les étouffer.
La réponse ayurvédique : léger, épicé, sèche, tonique. La réponse yogathérapeutique : activer, dynamiser, transpirer, via des pranayamas chauffants (Kapalabhati, Bhastrika), des enchaînements dynamiques, du yoga plus yang.
Ce que les doshas nous enseignent, au fond
Chaque dosha est une porte d’entrée vers un dialogue plus subtil avec soi.
Ils ne sont pas là pour nous enfermer dans une identité figée, mais pour nous apprendre à nous réguler, à nous préserver, à nous connaître au plus juste.
Et lorsqu’on les relie aux outils de la yogathérapie, alors l’Ayurveda devient une pratique vivante, quotidienne, intime.
Nourrir son feu sans s’y brûler,
Aimer sa lenteur sans s’y noyer,
Bouger sans se disperser.
C’est cela, l’art de vivre au rythme des doshas.

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